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What South Korea Teaches Us About the Role of Children in Culture

I have just returned from a mission to South Korea organized by the City of Montreal, the Montreal Arts Council, and the Chamber of Commerce of Greater Montreal. As is often the case with this type of mission, many insights emerged from the meetings, visits, and discussions. One theme kept coming up: the role given to children in cultural institutions.

Busan Museum of Contemporary Art (부산현대미술관)

L’exposition jeunesse The Rhinoceros and the Unicorn, présentée comme exposition principale

Dongdaemun Design Plaza (동대문디자인플라자)

Aire de jeux pour enfants

L’exposition jeunesse The Rhinoceros and the Unicorn du Busan Museum of Contemporary Art (부산현대미술관) n’avait rien d’une activité éducative secondaire. Présentée comme l’exposition principale du musée, elle occupait plusieurs galeries complètes et transformait la visite en une expérience qui évoquait la lecture d’un immense livre, où le récit se découvre à travers le mouvement, les couleurs et l’exploration sensorielle. Les commissaires ont même conçu certains espaces en fonction de la hauteur du regard des enfants afin que ceux-ci vivent une expérience différente de celle des adultes.

Dans plusieurs autres institutions visitées, les enfants ne semblent pas être perçus comme une clientèle à accommoder, mais comme un public à part entière. Des lieux comme le Dongdaemun Design Plaza (동대문디자인플라자) proposent de véritables espaces de jeu, avec glissades, installations interactives et zones d’exploration qui ressemblent davantage à des terrains de jeu qu’à des salles d’attente. À l’ARKO Art Center (아르코미술관), une pièce insonorisée au fond des salles de spectacle permet aux parents de continuer à assister à une représentation même lorsqu’un bébé pleure.

D’une visite à l’autre, une même philosophie se dessine : les enfants occupent une place centrale dans l’expérience culturelle plutôt qu’une place périphérique. Ces aménagements ne sont pas présentés comme des services complémentaires. Ils font partie intégrante de la proposition culturelle.

Cette observation m’a ramenée à Montréal. En février dernier, la Ville de Montréal, les gouvernements du Québec et du Canada ainsi que plusieurs partenaires ont relancé l’alliance Montréal, métropole culturelle. Cette démarche repose sur une conviction forte : la culture demeure l’un des principaux moteurs d’attractivité, de rayonnement et de prospérité de la métropole. Montréal a historiquement fait le choix de miser sur sa culture comme levier de développement, comme outil d’attraction des talents et comme élément distinctif dans le paysage nord-américain.

Lorsqu’on parle de métropole culturelle, on pense spontanément aux artistes, aux festivals, aux salles de spectacle ou aux musées. Pourtant, le succès des grandes villes culturelles repose aussi sur leur cadre bâti. Les espaces publics, les lieux de rencontre, les équipements collectifs et les expériences urbaines façonnent eux aussi la manière dont la culture est vécue au quotidien.

Lorsqu’on regarde les grandes métropoles les plus inspirantes, on retrouve presque systématiquement de grandes infrastructures destinées aux enfants au cœur de la ville. Si vous avez des enfants, vous les avez peut-être amenés sauter sur les trampolines des Tuileries à Paris, explorer Maggie Daley Park à Chicago ou encore jouer dans les immenses espaces du Tadpole Playground à Boston.

À Montréal, malgré toutes nos forces culturelles, il demeure difficile d’identifier un lieu emblématique du centre-ville qui joue ce rôle. Les analyses réalisées récemment dans le cadre d’un mandat sur l’avenir du centre-ville nous ont d’ailleurs menés au même constat : les métropoles les plus dynamiques possèdent généralement une ou plusieurs destinations majeures destinées aux enfants et aux familles, une infrastructure qui demeure absente du centre-ville montréalais.

La question dépasse largement celle du divertissement. Elle touche à la façon dont une ville choisit de se projeter dans l’avenir. Une métropole qui souhaite attirer et retenir des familles doit leur offrir des espaces où les enfants sont attendus, où ils peuvent jouer, découvrir, apprendre et participer pleinement à la vie urbaine.

La Corée du Sud m’a rappelé qu’une politique culturelle ne se mesure pas uniquement au nombre de spectacles, de musées ou d’événements. Elle se mesure aussi à la place qu’elle réserve à ceux qui formeront son prochain public.